Depuis le 22 novembre 2025, Wemtenga, quartier situé en plein cœur de Ouagadougou, accueille la troisième édition de Photosa, biennale de photographie de Ouagadougou. Cette édition, placée sous le thème « (Révolution) », ne passe pas inaperçue auprès des populations hôtes de ce quartier historique dans la société moaga. Ce mardi 25 novembre, quelques riverains, sans langue de bois, ont partagé leur point de vue sur l’événement.

Depuis sa mise en place par le photographe burkinabè Adrien Bitibaly, à travers le Cercle des photographes du Burkina Faso (CERPHOB), Photosa s’est inscrit comme l’un des événements culturels les plus importants de Ouagadougou, notamment de Wemtenga. En effet, l’un des objectifs de cette biennale photographique, c’est d’amener la photographie, notamment la photographie d’auteur, vers le public, en la sortant de son cadre habituel qualifié d’élitiste. Alors que l’acte 3 bat son plein, quelques populations riveraines ont tenu à apporter des appréciations.

Oumar Lougué, artiste peintre et habitant de Wemtenga, dit avoir connu Photosa depuis sa première édition. Et dès les premiers instants, cet amateur du monde des arts plastiques confie s’être intéressé aux activités de l’événement. Selon lui, Photosa, dans la forme et dans le fond, constitue une véritable aubaine pour faire comprendre l’importance de la photographie, notamment dans la documentation de notre patrimoine.
« L’événement a beaucoup grandi depuis sa création, surtout en termes de qualité d’organisation. Cependant, l’engouement à cette édition est jusque-là peu satisfaisant. Et de ce qui me revient, celà serait dû à l’absence de l’aspect festif. Aujourd’hui, beaucoup de promoteurs essaient de joindre cet aspect afin d’attirer plus de monde. Je pense également qu’une meilleure communication de proximité pourrait entraîner une plus grande adhésion des habitants du quartier », a-t-il suggéré avant d’ajouter que plus d’initiatives en faveur des tout-petits seraient aussi un atout.

Inoussa Tiemtoré, habitant du quartier et également imam d’une mosquée de la place, partage le même avis. Bien qu’il avoue ne pas savoir grand-chose sur la photographie, il dit ne pas douter de son importance pour le quartier. Ayant connu l’événement depuis sa mise en place, c’est un réel plaisir pour lui d’assister à la tenue d’une troisième édition. Wemtenga, selon lui, est beaucoup fréquenté par des étrangers grâce à Photosa. Toute chose qui demeure très important pour la notoriété du quartier. Aussi, il a souligné que la biennale constitue une sorte de renaissance pour la salle de ciné, et contribue au commerce situés à l’intérieur et en dehors de cour.

À l’instar des premiers intervenants, Martin Bassié, guide touristique et très fréquent à Wemtenga, n’a pas tari d’éloges pour l’événement qu’il découvre pour la première fois. « Quand j’ai vu l’exposition, j’ai tout de suite fait le tour et j’ai été impressionné par la qualité des œuvres. Ce qui m’a le plus marqué, c’est que ces œuvres, en grande partie, retracent des histoires propres à notre terroir et même à d’autres contrées de notre continent », a-t-il soutenu avant de souligner qu’il a par la suite été informé sur les objectifs poursuivis à travers Photosa.
Toutefois, il lance un appel aux organisateurs pour qu’ils misent encore plus sur la mobilisation pour un meilleur rayonnement de Photosa.
Par Boukari OUEDRAOGO
