Photosa 2025 : « Manani » ou l’alerte de Mariam Niaré face au danger du sachet plastique

Ouverte le 22 novembre 2025, la troisième édition de Photosa, biennale photographique de Ouagadougou continue de battre son plein, dans le quartier populaire de Wemtenga. Et au cœur des expositions, se dresse une collection d’œuvres photographiques de l’artiste malienne, Mariam Niaré. À travers cette collection intitulée « Manani » ou plastique en français, l’artiste pose un questionnement écologique, notamment la question de la menace liée au sachet plastique. 

 

Mariam Niaré expliquant son projet « Manani » à des visiteurs

Orignaire du Mali, Mariam Niaré se définit comme artiste photographe conceptuelle. En effet, elle grandit dans l’ombre de son père, un peintre talentueux. Elle tente par la suite de suivre les pas de ce dernier, mais la peinture ne semble pas vouloir lui obéir. Déçu de ne pas atteindre le niveau de son père, elle décide de changer de cap et de se tourner vers la photographie. C’est ainsi que commence son aventure dans le monde de l’image, loin des pinceaux et des couleurs de son père.

 

« Ce travail est assez personnel », Mariam Niaré

Présente à Ouagadougou, dans le cadre de l’acte 3 de Photosa, Mariam Niaré expose sa collection dénommée « Manani ». Cette collection, deuxième série du genre, s’inspire de la vie personnelle de l’artiste. En effet, cette jeune malienne souffre de l’asthme, une maladie respiratoire chronique, dont quelques uns des facteurs restent liés aux irritants environnementaux, notamment la pollution de l’air, la fumée, etc. En procédant à la création de cette collection, Mariam entend interpeller les uns et les autres face aux dangers écologiques que peuvent provoquer les sachets plastiques.

 

Mariam Niaré (à gauche) en séance de discussion sur son projet, aux côtés du directeur de Photosa (au milieu)

« La réalité aujourd’hui est que le plastique est partout : dans les rues, dans les arbres, dans nos quartiers. Et surtout que nous avons la mauvaise habitude de les rassembler et les brûler. Bref, il a fini par envahir notre espace vital, au point de constituer un véritable danger écologique », soutient-elle. À travers donc sa collection, elle relève les problèmes écologiques provoqués par l’homme et lance une alerte à la catastrophe qui pèse sur la planète.

 

« Manani » a également été objet de projection à Photosa

Plus particulièrement, « Manani » met en scène des corps avec des têtes recouvertes de sachets plastiques. La spécificité du travail de la collection présentée par Mariam réside dans un art conceptuel où elle mêle photographie et peinture. Sur ses cinq œuvres, elle laisse la force de la couleur s’exprimer et métamorphoser le regard. « J’ai également essayé de mettre en exergue des zones brûlées ou obstruées pour créer un contraste. En procédant ainsi, je met en lumière des plastiques striés et éclatés de couleur jaune, noire, rouge et bleue pour capter l’attention », foi de l’artiste.

 

En rappel, l’édition 2025 de la biennale de photographie de Ouagadougou, Photosa, se tient sous le thème « (R)évolution ». Elle referme officiellement ses portes ce samedi 29 novembre 2025.

 

Par Boukari OUEDRAOGO

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