À l’occasion de la troisième édition de Photosa, biennale photographique de Ouagadougou, une discussion a été organisée sur le thème « La constitution d’un fonds photographique burkinabè ». Animée par le Directeur général du Musée National du Burkina Faso (MNBF), Sabari Christian Dao, et le directeur de Photosa, Adrien Bitibaly, cette rencontre visait à poser les bases pour la constitution d’un fonds photographique burkinabè. C’était ce vendredi 28 novembre 2025, en présence des jeunes mentorés de la biennale et des photographes professionnels.

La notion de fonds photographique, selon les textes du Conseil international des archives, est un ensemble de documents, quel que soit leur type et leur support, reçus ou créés par une personne ou une institution, et conservés pour d’autres exercices. Et vu sous cet angle, le Cercle des photographes du Burkina (CERPHOB) en collaboration avec le Musée National du Burkina Faso entendent mettre en place ce type de fonds. Ce panel, qui se tient en marge de Photosa et qui a réuni des jeunes mentorés et d’autres professionnels du secteur, répond à ce besoin.

Selon le président du CERPHOB et directeur de Photosa, Adrien Bitibaly, il s’agit, à travers ce cadre de réflexion, de partager l’importance de la nécessité de mise en œuvre d’un fonds photographique. « La mise en place d’un fonds photographique permet de créer une sorte d’archives nationales, qui sera réalisée par des jeunes photographes burkinabè, et qui auront des idées de projets, des intentions en vue de documenter notre histoire, notre pays. L’idée est que toutes ces créations puissent être conservées pour des générations à venir. Nous voulons que, dans l’avenir, si un étudiant doit faire des recherches, il puisse trouver des images, des créations à même de lui être utiles », a-t-il soutenu.
Pour ce faire, il y a urgence aujourd’hui à ce que les photographes s’engagent à mettre en place des projets de recherches photographiques, des créations pour la réalisation d’un fonds. Et selon le directeur de Photosa, un fonds photographique est mis en place suivant plusieurs thématiques, notamment un fonds photographique social, architectural, humaniste, environnemental, etc.

Mais pour y arriver, cela demande l’implication de tous les maillons de la chaîne, d’où l’association du Musée national du Burkina Faso, qui sera garant de la gestion de ce fonds. Sabari Christian Dao, Directeur général du Musée national, est l’un des communicateurs de cette rencontre. Pour lui, la création d’un fonds photographique répond à plusieurs enjeux, à savoir des enjeux de conservation mais aussi de transmission. De son analyse, la constitution d’un fonds photographique burkinabè repose sur trois piliers.
Premièrement, il s’agira de mettre en place un cadre méthodologique clair. Selon lui, ce cadre nécessite l’établissement d’un référentiel national d’identification en vue d’assurer l’interopérabilité entre les productions des photographes indépendants, les archives privées, les archives dans les familles ou institutions, etc. Le deuxième pilier concerne l’infrastructure, notamment l’acquisition de matériels adéquats adaptés à la conservation. À ce niveau, selon lui, le Musée national travaille depuis un certain temps à renforcer ses capacités en termes de conservation, de restauration et de stockage. Et le dernier pilier porte sur la gouvernance qui, selon lui, doit se fonder sur l’éthique et la reconnaissance des auteurs des œuvres photographiques.
À terme, une convention est envisagée entre le CERPHOB, initiateur du projet, et le Musée National du Burkina Faso pour la mise en œuvre effective du fonds photographique burkinabè.
Par Boukari OUEDRAOGO
