Le projet « Théâtre de l’apaisement », initié au profit des femmes déplacées internes, vise à leur redonner le goût de la vie à travers diverses activités génératrices de revenus, notamment le théâtre. Ce projet est porté par l’Institut de Recherche Théâtrale du Burkina (IRTB) et cofinancé par le Fonds INITIATIVE Sahel. L’objectif principal est de contribuer à la guérison des traumatismes des personnes déplacées internes en fusionnant savoirs psychologiques et pratiques artistiques. Il touche 90 femmes PDI issues de 9 villages de la commune de Gogo, dans le Centre-sud. Après son lancement en mai 2024, une première restitution a eu lieu le samedi 23 novembre 2024, à Gogo, en présence des autorités administratives et coutumières.

Les femmes déplacées internes, souvent livrées à elles-mêmes face à un sort difficile, ont traversé des situations éprouvantes. Habitées par la honte, le désespoir et la peur, beaucoup se sont tues et souffrent en silence pour préserver leur dignité. L’IRTB, une association fondée sur un théâtre qui prend en compte les réalités culturelles et les ressources locales, s’est engagée aux côtés de ses partenaires. Depuis mai 2023, une série d’activités pratiques a été mise en place dans le cadre du projet « Théâtre de l’apaisement », qui allie savoir-faire artistiques et psychologiques pour offrir des outils d’apaisement des traumatismes grâce à des ateliers de théâtre thérapeutique. Grâce à des moyens modestes, 90 femmes déplacées internes issues de 9 villages de Gogo bénéficient de ces formations professionnalisantes.
À mi-parcours, l’équipe du projet a présenté ses réalisations : ateliers de théâtre thérapeutique, formation en jeu d’acteur et en dramaturgie, fabrication de savon liquide, création de micro-entreprises dans le domaine de la salubrité et de l’hygiène, ainsi que formation en joaillerie perlage suivie de dotations d’outils et de perles.

Paul Zoungrana, président de l’IRTB, s’est réjoui du bilan à mi-parcours. En effet, à l’heure actuelle, ce sont 37 femmes qui sont désormais aptes à travailler comme ouvrières de savon liquide prêt à l’usage et au commerce ; 22 autres peuvent produire des œuvres grâce aux outils et techniques de perlage ; et 31 femmes sont en cours de formation théâtrale pour constituer une nouvelle troupe avec à la clé un spectacle.
Les bénéficiaires formées au savon liquide et au perlage ont reçu des kits d’autonomisation. Pour couronner le tout, un fonds particulier d’un montant total de deux millions cent quatre-vingt-dix milles (2 190 000 FCFA) a été distribué selon les cursus. Asseta Diandé, bénéficiaire du programme, s’est réjouie : “Au début, nous avions honte d’être perçues comme PDI par la population qui nous a accueillies. La formation nous a permis de surmonter ce complexe et de vivre comme les autres. Nous avons également acquis des compétences pratiques génératrices de revenus pour vivre désormais dans la dignité. Nous remercions les organisateurs et leur souhaitons plein succès.”

Le premier vice-président de la délégation spéciale de la commune, Emmanuel Segda, a félicité l’IRTB et ses partenaires tout en invitant les bénéficiaires à mettre en pratique leurs acquis. “Cette formation est la bienvenue ; c’est une épine de moins. Les déplacées ont quitté leurs zones d’origine dans l’urgence, sans rien. Grâce à cette formation, elles pourront préserver leur dignité sans être obligées de tendre la main. Vous ne pouvez pas résoudre tous les soucis des PDI mais vous parviendrez à apporter un apaisement, » a-t-il laissé entendre.

Les activités de l’étape finale du projet débuteront en janvier 2025 et seront essentiellement consacrées aux créations artisanales en joaillerie, perlage et produits nettoyants, ainsi qu’à la création d’un spectacle psychothérapeutique pluridisciplinaire. La diffusion de ce spectacle auprès des déplacés internes et la vente des œuvres artisanales lors des foires à Manga et Ouagadougou sont également au programme.
La clôture du projet est prévue pour juin 2025, avec la création et la diffusion d’un spectacle psychothérapeutique pluridisciplinaire. Notons que l’activité a connu une forte mobilisation.
Par Souleymane FOFANA
