À l’occasion de la journée internationale du rein, la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou accueille une campagne de dépistage. Organisée par la Société Burkinabè de Néphrologie (SOBUNEPH), cette campagne sera marquée par des séances de sensibilisation et de dépistage liées à la santé des reins. Le top départ a été officiellement donné ce mardi 16 décembre 2025, au sein dudit établissement pénitentiaire.

« Vos reins vont-ils bien : la détection précoce protège la santé des reins », c’est sous ce thème que se tient l’édition 2025 de la journée internationale du rein. Pour l’occasion, le Société Burkinabè de Néphrologie a bien voulu mener des actions sur le terrain. En collaboration donc avec la Direction générale de l’administration pénitentiaire, notamment la direction en charge de la santé et de l’action sociale, elle a initié une campagne de dépistage au sein de la MACO.
L’idée est de mener des opérations de prévention et venir en aide à d’éventuels personnes atteintes de maladies reinales dans cet établissement carcéral. Quatre jours durant, cette campagne sera jalonnée deux grandes activités, notamment des séances de sensibilisation ; et du dépistage, à savoir des examens d’urine (bandelette urinaire), des prises de constantes (poids, taille, pression artérielle), une glycémie capillaire et des examens de sang. De l’avis de Dr Karim Traoré, directeur de la santé et de l’action sociale au sein de la Direction générale de l’administration pénitentiaire, la séance de sensibilisation entend toucher plus 2000 détenus, et 800 pour celle du dépistage.

« Nous avons des médicaments à disposition, et les médecins qui vont travailler durant cette campagne de dépistage pourront prescrire. Et pour besoin, nous pourrons servir dans ces stocks que le ministère en charge de la justice met à disposition pour l’occasion. Aussi, lorsqu’il sera question de d’évacuer ou de référer des patients vers des CHU, nous avons avec nous une bonne équipe de néphrologues qui vont les accueillir et accompagner convenablement », s’est-il voulu explicite.

P. François Kissou, médecin néphrologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Tengandogo, a rappelé le bienfondé d’une telle campagne. Pour lui, le thème de chaque édition de la journée mondiale du rein est lié le plus souvent au dépistage précoce de la maladie reinale chronique. C’est une maladie qui, au stade avancé, devient plus compliquée à gérer en terme de prise en charge et de pronostic vital ; d’où la nécessité de se faire dépister très tôt. Et le choix de la MACO, selon lui, s’explique du fait que les populations carcérales constituent l’une des plus vulnérables de notre société.

En rappel, cette campagne de dépistage et de sensibilisation est placée sous le parrainage de Maître Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Garde des Sceaux. Représenté à cette cérémonie de lancement par son chargé de mission, Yobo Geoffroi, ce dernier a confié que les détenus sont dans des conditions qui les mettent dans un état de vulnérabilité. C’est la raison pourquoi, à l’en croire, le ministère a décidé d’accompagner cette initiative de la Société burkinabè de néphrologie.

Présent à cette cérémonie, le directeur de la MACO, l’inspecteur de sécurité pénitentiaire principal, Vincent Conombo, s’est dit ravi d’accueillir une telle initiative au sein de son établissement pénitentiaire. Pour lui, dans la gestion d’une population carcérale, les questions de prises en charge sanitaire constituent un élément important. Cela dit, il a tenu à renouveler sa gratitude à l’endroit de la SOBUNEPH pour le choix porté sur la MACO. La campagne s’étend jusqu’au 19 décembre prochain.
Par Boukari OUEDRAOGO
