Du 17 au 30 décembre prochain, la capitale burkinabè abritera la 8e édition du Salon International du Prêt-à-porter Africain de Ouagadougou (SIPAO). À moins d’une semaine de cet important rendez-vous de valorisation et de promotion du prêt-à-porter inspiré des matières locales africaines, nous nous sommes entretenus avec le promoteur de l’événement, IDE MAVA. Cette rencontre a été l’occasion pour lui de dévoiler les grandes lignes de cette 8e édition du salon.

Le SIPAO, lancé en 2017, se veut un espace d’échanges et de partage entre professionnels de la mode et acheteurs. L’événement vise principalement à promouvoir la mode africaine ainsi que les produits emblématiques du continent, tels que le Faso Dan Fani et le Koko Dunda du Burkina Faso. Il contribue également à valoriser le prêt-à-porter confectionné à partir de ces matières premières locales. « L’idée n’est pas forcément que les créateurs abandonnent totalement la couture sur-mesure, mais qu’ils soient incités à s’investir davantage dans le prêt-à-porter », précise IDE MAVA, promoteur du SIPAO.

Aujourd’hui, le SIPAO est bien plus qu’une simple vitrine pour les créateurs désireux de présenter leurs produits. L’événement joue un rôle inspirant, formateur et motivant pour les créateurs africains. En effet, après les premières éditions, il a été constaté que les participants ont vu une nette amélioration de leurs produits. « Il y a eu des progrès notables au niveau des finitions et d’autres aspects », confirme IDE MAVA.
Avec une vingtaine de créateurs lors de ses débuts, le SIPAO a accueilli environ 100 créateurs africains lors de sa 7e édition. Pour la 8e édition prévue du 17 au 30 décembre 2024, ce sont à nouveau une centaine de créateurs issus de divers pays comme le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Niger, et le Mali, et bien d’autres, qui sont attendus. Selon le promoteur, ce nombre pourrait être plus élevé si une condition de participation n’exigeait que les produits finis soient composés d’au moins 50 % de matières locales. Toutefois, cette exigence semble bien intégrée par les créateurs, comme en témoigne l’augmentation constante du nombre de participants au fil des années.

Outre la grande exposition qui se tiendra sur la place de la Nation, cette 8e édition proposera également des panels et des soirées défilé. « Nous avons pris l’habitude d’organiser des panels thématiques pour renforcer les capacités des créateurs. Cette année, les échanges porteront sur le choix des produits locaux pour rivaliser avec ceux venant de l’extérieur, ainsi que sur le coût des produits afin de les rendre plus accessibles aux populations locales. Quant aux défilés, ils mettront en lumière les créations des participants », explique IDE MAVA.

À quelques semaines de l’ouverture officielle de l’événement, le comité d’organisation, dirigé par le promoteur, travaille d’arrache-pied pour faire de cette édition l’une des plus réussies. Le taux des préparatifs est actuellement estimé entre 80 et 90 %. IDE MAVA espère qu’au terme de cette édition, les produits des créateurs africains trouveront davantage leur place dans les boutiques de prêt-à-porter du continent et au-delà. « C’est ainsi que la mode contribuera à la croissance de l’économie locale africaine. En effet, plus nous consommons local, plus les devises restent sur place », souligne-t-il.
Rendez-vous est donc pris du 17 au 30 décembre prochain à l’espace aménagé de la place de la Nation à Ouagadougou.
Par Boukari OUEDRAOGO
