Le quartier Kamsonghin de Ouagadougou abrite, du 28 au 30 novembre 2025, la deuxième édition de Sak Viim, Festival des Arts Vivants dans le Quartier. Ce festival, porté par l’Association Sini Ka Bi-Biiga, réinvente le lien entre mémoire, art et communauté. L’essentiel des activités de cette édition a été dévoilé ce jeudi 20 novembre 2025, en présence du Kamsonghin Naaba, au sein de sa cour royale.

C’est en 2022 que l’Association Sini Ka Bi-Biiga s’est résolue à organiser pour la toute première fois le festival Sak Viim, dans le quartier Tampouy, situé en périphérie nord de la ville de Ouagadougou. Il s’agit en effet d’un projet culturel et communautaire majeur initié pour valoriser la mémoire, l’histoire et les identités des quartiers de Ouagadougou et si possible ceux d’autres localités du pays. Pour le président de l’Association, Fiacre Ragnimwendyélé Kientega, ce festival est un appel à la vie, à la mémoire et à la transmission. Selon lui, les quartiers, lieux de vie et d’interactions quotidiennes, ont chacun une histoire à raconter. Ils constituent la trame de la mémoire urbaine.

« Aujourd’hui, face aux transformations urbaines rapides, de nombreux quartiers voient leur mémoire s’effacer : bâtiments anciens détruits, récits oubliés, affaiblissement du lien social. Ce festival s’inscrit donc dans cette démarche de réappropriation culturelle. Il ambitionne de créer un espace d’échange intergénérationnel et interculturel à travers les arts vivants, outils universels de transmission et de dialogue », a-t-il expliqué.
À travers les arts vivants, Sak Viim entend faire revivre les histoires des quartiers, des familles et des peuples pour qu’ils redeviennent sources de fierté et d’inspiration. Ce rendez-vous artistique rassemble donc des disciplines telles que le conte, la danse, la musique, les arts visuels, des rencontres communautaires, ainsi que des actions éducatives et sociales, incluant des ateliers pour les jeunes, des animations culturelles et des initiatives de sensibilisation pour renforcer le vivre-ensemble.

Trois jours durant, Kamsonghin, quartier situé en plein cœur de Ouagadougou, vivra aux rythmes de la deuxième édition. Les grandes activités attendues à cet énième rendez-vous sont entre autres des rencontres avec autorités coutumières, administratives et habitants de Kamsonghin, des ateliers éducatifs (atelier Yennega, atelier Buud Gomdé), des ateliers de formation et rencontres professionnelles, une rue marchande pour la promotion des artisans et créateurs locaux (Wagess Kudumdé ou le Défilé des Braves ; hommage aux communautés guerrières et artisanales), une compétition « Solem Koècé » (devinettes traditionnelles), et des spectacles artistiques et culturels.
Au terme des activités de cette édition de Sak Viim, l’édition d’un recueil est attendue. Intitulé « Mémoire de Kamsonghin », cet ouvrage collectif rassemblera histoire, témoignages, récits et savoirs des anciens, artisans, chefs et habitants du quartier. À en croire Fiacre Ragnimwendyélé Kientega, la parution de l’ouvrage est fixée d’ici à mi-août 2026. Rendez-vous, le 28 novembre prochain pour le lancement officiel des activités.
Par Boukari OUÉDRAOGO
