10 éditions déjà que l’association DIZENIDANI a placé au centre de ses ambitions la transmission des valeurs culturelles et ancestrales Kassena, à travers le concours de décoration murale Dora. Pour cette édition 2025 du concours qui se tient sur quatre jours, ce sont des élèves (filles) de 10 établissements secondaires de la commune de Tiébélé qui sont en lice. Le top départ des activités a été officiellement donné ce jeudi 20 mars 2025, dans la cour royale de Tiébélé.

Le concours Dora est une compétition qui réunit chaque année, des jeunes filles des établissements de la commune de Tiébélé et environnants, autour de la décoration murale traditionnelle en pays Kassena. L’idée de l’association DIZENIDANI, structure initiatrice du projet, c’est de travailler à assurer la transmission de génération en génération des techniques de décoration murale Kassena, en mettant en avant la jeunesse. Et après la neuvième édition qui s’est tenue en 2024, l’association vient de lancer la décennale de l’événement. Une centaine de filles issues d’une dizaine d’établissements de la commune de Tiébélé prennent donc part à ce 10e rendez-vous annuel.

Quatre jours durant les participantes seront amenées à renouveller la peinture murale des habitats traditionnels au sein de la cour royale, le tout sous la supervision de quelques formatrices. A l’aide donc de matériaux locaux comme de l’argile, la latérite rouge, du basalte, le talc et le vernis obtenu à l’aide de l’écorce du nieré, elles procéderont au renouvellement de la peinture murale. À noter que ce travail de renouvellement passe par plusieurs étapes dont le crepissage, l’application de première et deuxième couche de peinture, l’application des symboles historiques Kassena et le vernissage.

« En tant que formatrices, notre travail consiste à les assister, tout en les initiant aux différentes étapes de la peinture murale. L’idée c’est de leur transmettre ce savoir-faire ancestral que nous avons hérité de nos aînées. Au-delà du concours, nous attendons qu’elles s’approprient toutes les connaissances nécessaires à la préservation et à la protection de cette tradition », a indiqué Pauline Adiagou, formatrice à cette édition. Aux termes de la compétition, un jury indépendant procédera au classement, suivant donc des critères bien définis. Au nombre de ces critères figurent l’originalité, la superficie de murs peints, l’aspect historique des symboles, etc.

Sia Marthe, participante et élève au Lycée privé La Vision de Guénon, ne cache pas ses ambitions à cette édition. « C’est la deuxième fois que je participe au concours Dora, et j’espère que nous repartirons victorieuses », a-t-elle soutenu. Cependant, elle a confié qu’au delà d’être un concours c’est le volet transmission des valeurs de sa culture qui prime. « Le respect de la tradition est un facteur important dans notre vie. Et la peinture murale en fait partie. C’est donc un honneur pour moi de pouvoir acquérir des connaissances dans ce sens. Plus tard, ça sera à mon tour de les retransmettre à mes enfants », a-t-elle ajouté.

Pour Abatidan Casimir Nassara, président de l’association DIZENIDANI, la décoration murale est un art ancestral très important en pays Kassena. C’est pourquoi, son association s’est toujours donnée pour ambition de travailler à conserver cette architecture ancestrale, en la transmettant à la jeune génération, surtout aux jeunes filles. Pendant, une dizaine d’années, a-t-il précisé, ce travail a été rendu facile grâce à des collaborateurs dévoués, mais aussi et surtout à une grande implication de CUOMO FOUNDATION, partenaire principal du concours. Aussi, faut-il le rappeler, la cour royale de Tiébélé a été classée Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2024. Un résultat acquis grâce également au travail enorme de transmission fait à travers le concours Dora.
Par Boukari OUEDRAOGO
